Technique de Ciselure: Le Repoussé

Le repoussé consiste à travailler le métal en relief. Allant du bas-relief en passant par le demi-ronde de bosse jusqu'au rond de bosse.

Cette technique s'applique particulièrement aux métaux précieux, car ceux-ci ne peuvent être fabriqués en métal fondu. On aurait un prix de revient bien trop élève pour un décor moins précis. C'est ainsi que nous réalisons des objets d'art en or et en argent. Vous l'aurais compris cette technique a un but économique tout comme les techniques de la forge, du planage, de la rétreinte et du repoussé au tour. Ces techniques rentrent dans la fabrication par formage. C'est-à-dire ne produisant aucun copeau et de ce fait aucune perte de matière.

Pour donner une définition exacte de la technique du repoussé, je cite Guillaume Estrade, professeur à l'école Boulle :

"Le repoussé consiste à obtenir à partir d'une feuille de métal et par différents procédés, repoussé au tour ou au marteau, une forme déterminée. Le ciseleur vient sur la forme ainsi préparée, ajouter un décor obtenu lui aussi par repoussé. Il emploie suivant la forme à décorer la méthode du repoussé direct ou celle du repoussé a la recingle."

Le repoussé direct

Le repoussé direct s'applique tout simplement sur une surface de métal directement accessible au ciselet et au marteau. C'est à dire sur une plaque de métal plane ou sur une forme ne nécessitant pas le repoussé à le recingle. Ainsi à l'aide de ciselet appelé planoir, on vient progressivement emboutir la forme créant ainsi les volumes qui seront ensuite repris. De ce fait, cette technique nécessite de travailler le métal sur ses deux faces : côté pile, on repousse les volumes, coté face, on les redéfinit. On alterne ainsi le travail en retournant la plaque ou l'objet à repousser.

Il est important ici de bien connaître la malléabilité du métal pour sentir à quel moment il devient cassant. Pour éviter de tirer le métal à bout, on doit procéder a sa recuisson (méthode qui consiste à rétablir la structure métallique à l'aide d'un chalumeau et d'un refroidissement lent dans le but de le rendre malléable à nouveau).

Il a été important pour moi de ressentir les limites de la matière par le geste. De ce fait, j'ai pu, lors de mes premières années, allez a l'épuisement du métal en repoussant un volume conséquent jusqu'à sa perforation que j'ai alors ressoudée par la suite.

Cette expérience m'a permis de ressentir les différentes phases de transformation de la matière et d'en reconnaître les limites par le geste.

Le repoussé à la recingle

Faisant partie du travail du dinandier, cette technique consiste à repousser le métal par l'intérieur à l'aide d'un outil appelé recingle. Datant du IVe siècle avant J.C., l'outil serré à l'étau se compose de deux branches de métal superposées.

Celle du dessous est introduite dans la pièce à repousser. Son extrémité se termine par une petite boule destinée à frapper le métal. Celle-ci peut changer de forme selon le motif à mettre en forme.

La branche du dessus, appelée guide, est en arc de cercle et désigne l'endroit précis où se trouve, à l'intérieur de la pièce, l'extrémité basse. Ainsi en frappant la branche intérieur les vibrations se répercutent et agissent comme un petit marteau et frappe l'intérieur de la cloison de métal, repoussant la matière vers l'extérieur par petits coups répétés. On reprend alors le relief obtenu par l'extérieur au ciselet.

À la différence des orfèvres italiens qui travaillaient leurs pièces par l'extérieur (ce qui nécessite un nombre de soudures incalculable), en France, la recingle nous a permis une plus grandes variété de plans et un modelé beaucoup plus riche.